Santé des abeilles

Les menaces qui pèsent sur les populations d’abeilles sont d’origine naturelle et anthropogénique. Les causes peuvent être des attaques de pathogènes (bactéries, champignons, virus), de parasites (acariens), d’autres insectes (coléoptères) ou de prédateurs. Les causes anthropogéniques résident dans l’exposition des populations d’abeilles aux polluants (pesticides, métaux lourds, radioactivité), la dégradation des ressources alimentaires, notamment dans les zones de grandes cultures, et dans l’appauvrissement du paysage qui conduit à la raréfaction des sites de nidification pour les abeilles sauvages. De récentes études épidémiologiques sur la mortalité des abeilles ont montré une multiexposition des colonies à de faibles doses de pesticides, cependant leurs effets sur l’état de santé des colonies n’ont pu être quantifiés sur le terrain. Des stress nouveaux font également l’objet d’études (changement climatique, exposition aux ondes électromagnétiques) sans que leur impact sur les populations ne soit complètement évalué.

Sont présentés ici quelques éléments d’informations sur ces principales menaces :
  Varroa destructor est un acarien parasite externe qui affecte les abeilles mellifères et dont l’hôte initial est l’abeille d’Asie. Varroa destructor est devenu en quelques dizaines d’années le fléau le plus important affectant durablement la santé des colonies d’abeilles. Sa répartition est maintenant mondiale à l’exception de quelques îles (dont officiellement l’Australie) et de rares vallées isolées.
⇒  La loque américaine et la loque européenne sont les deux maladies principales d’origine bactérienne affectant les abeilles. Les agents pathogènes sont Paenibacillus larvae et Melissococcus plutonius respectivement. Ces maladies s’attaquent au couvain de différents âges (couvain ouvert – qui n’est pas encore operculé – pour la loque européenne et couvain fermé – operculé 10 jours après la ponte – pour la loque américaine) provoquant la mort des larves ou des nymphes, parfois en grand nombre. 
Les pathogènes classifiés chez les champignons provoquent des mycoses du couvain (Ascosphaera apis ou couvain plâtré, Aspergillus sp. ou couvain de pierre) et la nosémose (due à Nosema apis ou à Nosema ceranae). Les abeilles sont également affectées par des maladies d’origine virale. Le virus de la paralysie chronique (CBPV) est nommé aussi virus de la maladie noire en raison des symptômes qu’il provoque (abeilles noires et dépilées) qui peuvent être confondus avec une intoxication due à une exposition aux pesticides. Pour cette raison, il est indispensable de posséder de bons outils de diagnostic pour discriminer les origines des troubles observés sur le terrain. Le virus du couvain sacciforme (SBV) qui atteint les larves et le virus des ailes déformées (DWV) (agissant en synergie avec V. destructor) qui provoque entre autre des lésions graves sur les ailes, font partie des virus les plus étudiés sur le plan de la pathologie et de l’épidémiologie. En relation étroite avec l’acarien parasite V. destructor, le complexe virus du Cachemire-virus (KBV) de la paralysie aiguë (ce dernier étant aussi appelé virus israélien de la paralysie aiguë – IAPV) atteint également le couvain et les adultes sans que les symptômes ne soient clairement décrits.

Le petit coléoptère des ruches (Aethina tumida) est un insecte originaire d’Afrique sub-saharienne. Jusque-là absent du territoire européen, sa présence a été notifiée dans le Sud de l’Italie en Calabre le 5 septembre 2014. Les acariens du type Tropilaelaps originaires d’Asie parasitent l’abeille d’Asie et l’abeille mellifère. Leur diffusion est restreinte à l’Asie.

Le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) a été introduit en France avant 2004, probablement via le commerce horticole international. Depuis, il a colonisé les trois quart du territoire Français. L’invasion qui progresse vers le Nord et l’Est est inquiétante surtout pour la filière apicole car les abeilles sont l’une des proies du frelon. 

Pour en savoir plus sur les parasites exotiques :

Ces dernières années, une dégradation préoccupante de la santé des abeilles a été signalée dans de nombreux pays. Il est probable que ce déclin soit d’origine multifactorielle (pression de pathogènes, multi exposition à différents pesticides, dégradation de l’habitat et des sources d’alimentation…). Pour toutes ces raisons, il est important de disposer de dispositifs permettant la surveillance et le contrôle des principales menaces des abeilles.

Surveillance des maladies réglementées des abeilles et des mortalités aiguës

La surveillance des maladies réglementées des abeilles concerne quatre maladies anciennement dénommées maladies réputées contagieuses (MRC) que sont la loque américaine, la nosémose (à Nosema apis), le petit coléoptère des ruches (Aethina tumida) et les acariens du type Tropilaelaps spp.. Ces maladies sont actuellement classées en dangers sanitaires de première catégorie, conformément au décret 2012-845 du 30 juin 2012 et de l’arrêté du 29 juillet 2013. La varroose, anciennement définie comme maladie à déclaration obligatoire (MDO), est classée en danger sanitaire de deuxième catégorie. La loque américaine et les deux agents pathogènes exotiques (A. tumida et Tropilaelaps spp.) sont également règlementés à l’échelle européenne par le règlement (UE) n°206/2010 et la Directive 92/65/CEE.  
Le dispositif officiel de suivi des troubles des abeilles a été instauré dans les années 80 et a fait l'objet, depuis cette date, de plusieurs adaptations. Il a pour objet la surveillance des maladies réglementées et des mortalités massives d’abeilles susceptibles d’être en lien avec des éventuelles intoxications aux produits phytopharmaceutiques. Son fonctionnement se fait via un réseau d’acteurs (Apiculteurs, DDecPP, SRAL et laboratoires). La date de la dernière mise à jour de la note de service dédiée (Note de service DGAL/SDQPV/2014-899) a été réalisée 14 novembre 2014 et permet d’étendre les investigations aux mortalités massives aigues hivernale et l’exploration des causes toxiques.
Le fonctionnement de ce dispositif repose sur le signalement de tout trouble, par les apiculteurs, auprès des DDecPP. Ces dernières recensent l'ensemble des cas qui leur sont signalés et font le tri dans les déclarations.

 

Le réseau pilote d'épidémiosurveillance apicole (Resabeille) et le volet écotoxicologie

Afin d’objectiver l’importance des mortalités hivernales et en saison ainsi que les prévalences des principales maladies (infectieuses et parasitaires) des abeilles, un dispositif pilote d’épidémiosurveillance (Epilobee) a été initié en automne 2012 dans 17 pays de l’Union européenne. En France, ce dispositif, appelé Résabeille, a été déployé dans six départements. Au cours de l’automne 2013, le volet écotoxicologie de Résabeille a été développé afin de décrire les pesticides auxquels sont exposées les abeilles au sein de leurs ruches à partir de prélèvements d’échantillons de pain d’abeille et de miel.
Ce réseau pilote a été développé et suivi dans le cadre de la Plateforme ESA. Il est aujourd’hui arrêté.
Pour en savoir plus sur cette étude,
cliquer ici.
 

Modalités de surveillance de l'infestation des colonies d'abeilles Apis mellifera par le petit coléoptère de la ruche Aethina tumida

Suite à la détection d’Aethina tumida en Italie en septembre 2014, le dispositif de surveillance d’Aethina tumida a été révisé dans le cadre des activités de la Plateforme ESA, en tenant compte des recommandations de surveillance du laboratoire de référence de l’Union européenne. Le dispositif distingue deux objectifs : être en capacité de détecter la présence d’A. tumida et, en cas de détection, préciser la portée de l’infestation.
Pour en savoir plus,
cliquer ici.
 

L’Observatoire des Mortalités et des Alertes chez l’Abeille mellifère (OMAA)

Un Observatoire des Mortalités et des Alertes chez l’Abeille mellifère (OMAA) sera prochainement mis en place. Les réflexions ont lieu dans le cadre de la Plateforme ESA et des informations complémentaires seront disponibles sur le site quand les premiers éléments pourront en être communiqués.

Rôle de la Plateforme

Un groupe de suivi a été constitué au sein de la Plateforme au moment de sa création en 2011. Il est animé par le gestionnaire du dispositif, la DGAl. Son rôle est d’apporter un appui continu à l’organisation et à l’évaluation des dispositifs de surveillance, et de proposer des améliorations et des adaptations de ce dispositif en fonction de l’évolution de la situation sanitaire nationale et internationale.
 
Plusieurs thématiques sont ou ont été abordées par ce groupe :

  • Le projet Résabeille avec son volet écotox
  • La surveillance d’A. tumida
  • OMAA

 

 

 

Liens utiles

Organismes Internationaux

  • OIE (Organisation mondiale de la santé animale)
  • FAO EMPRES (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture)
 

​​Organismes Européens

  • ECDC (Centre Européen de prévention et contrôle de maladies)​
  • EFSA (Autorité Européenne de sécurité des aliments)
  • ​DG SANCO (Directorat General de santé et de consommateurs)
 

Organismes Nationaux

  • InVS (Institut de veille sanitaire)
  • Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)

Plateformes de veille Internet

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