BILAN DE LA SITUATION RELATIVE A LA FIEVRE CATARRHALE OVINE DE SEROTYPE 8 (FCO-8) EN FRANCE CONTINENTALE AU 11 SEPTEMBRE 2017

Mots-clés: 


Par ordre alphabétique : Anne Bronner (1)*, Emmanuel Bréard (2), Didier Calavas (3)*, Marie Chabot (1), Françoise Dion (4), Emmanuel Garin (5), Maryline Jambon (1), Fanny Pandolfi (1), Corinne Sailleau (2), Isabelle Tourette (6), Gina Zanella (7)


Auteur correspondant : fanny.pandolfi@agriculture.gouv.fr

 

  1. DGAl, Bureau de la santé animale, Paris
  2. Anses, Laboratoire de santé animale, Unité Virologie, Laboratoire national de référence FCO, Maisons-Alfort, France
  3. Anses, Laboratoire de Lyon, Unité Epidémiologie, Lyon, France
  4. Races de France, Paris, France
  5. Coop de France, Paris, France
  6. GDS France, Paris, France
  7. Anses, Laboratoire de santé animale, Unité Epidémiologie, Maisons-Alfort, France
* Membre de l’équipe de coordination de la Plateforme ESA

Mots clés : FCO, BTV-8, France continentale
Keywords: Bluetongue, BTV-8, mainland France

Découverte du premier foyer de SEROTYPE 8 en 2015

Le virus BTV-8 a été détecté pour la première fois en Europe en 2006 aux Pays-Bas, en France et en Belgique (Gialleonardo et al., 2010), puis a largement diffusé dans d’autres pays européens. Après le pic épizootique de 2007 et 2008, la France a été reconnue indemne entre décembre 2012 et septembre 2015.
Début septembre 2015, un cas de FCO dû au sérotype 8 (FCO-8) a été confirmé dans l’Allier chez un bélier présentant des signes cliniques. Le précédent cas avait été détecté en juin 2009 (Perrin et al., 2015). En date du 31 décembre 2015, 149 foyers de FCO-8 avaient été détectés pour l’année 2015, dont 138 chez des bovins, trois chez des ovins et huit dans des élevages mixtes (Bournez et al., 2016). Les données de la surveillance FCO en 2015 indiquaient une faible circulation du virus et peu de foyers découverts suite à des suspicions cliniques (8 % des foyers) (Bournez et al., 2016).
La surveillance événementielle apparaît comme un point central de la détection précoce même si ce rôle varie selon les circonstances, et cette surveillance doit être renforcée par une surveillance programmée basée sur des informations entomologiques et épidémiologiques (Doréa et al., 2016)

Matériel et Méthodes

Des analyses descriptives ont été conduites pour les différentes modalités de surveillance en place (Encadré) pour la période du 1er janvier 2016 au 11 septembre 2017.
Le nombre de suspicions cliniques (surveillance évènementielle) et analytiques (c’est à dire issues de la surveillance programmée et de la surveillance des mouvements) et le nombre de foyers ont été déterminés en utilisant les informations contenues dans la liste des élevages pour lesquels un mail d’alerte a été envoyé par une DDecPP à la Mission des urgences sanitaires (MUS) de la DGAL. Les foyers ont fait l'objet par ailleurs d'une notification officielle à l'OIE et à la Commission européenne (système ADNS).
La date de déclaration de suspicion a été considérée pour classer les foyers et les suspicions cliniques en fonction des mois et des années.

 Tableau 1- Nombre de foyers par modalité et par espèce en France continentale
Modalités de surveillance Nb de foyers bovins Nb de foyers ovins Nb de foyers caprins Modalité et/ou espèce non identifiées a posteriori1
2016
Surveillance programmée 19 0 0 81*
Surveillance événementielle
(taux de confirmation des suspicions)
35
35/217 (16 %)
6
6/54 (11 %)
0
0/3 (0 %)2
Surveillance « renforcée » (mouvements) 1 314 0 1
2017 (jusqu'au 11 septembre 2017)
Surveillance programmée 15 0 0 53
Surveillance événementielle
(Taux de confirmation des suspicions)
66
66/125 (53 %)
0
0/12 (0 %)2
1
1/5 (20 %)2
Surveillance « renforcée » (mouvements) 807 0 0
*dont un foyer détecté suite à la surveillance « renforcée » des mouvements d'animaux en sortie de ZR mais pour lequel l'espèce n'a pas été identifiée a posteriori
1 Données manquantes ou informations recueillies ne permettant pas la distinction entre la surveillance programmée et la surveillance « renforcée »
2 A interpréter avec précaution considérant le faible effectif

Résultats

Evolution de la zone indemne (ZI) depuis le 1er janvier 2016

A la suite de la mise en évidence de plusieurs foyers dans les départements de l'Allier, de la Creuse et du Puy-de-Dôme en septembre 2015, de nouvelles mesures relatives à la lutte contre la FCO sur le territoire métropolitain ont été définies et une enquête nationale a été réalisée entre le 17 septembre et le 20 octobre afin d'évaluer l'étendue géographique de l'infection par le BTV-8 chez les ruminants (Bournez et al ; 2016). Par la suite, les différentes modalités de surveillance ont permis l'ajustement du zonage (zones indemnes et zones réglementées, Annexe 1).
Au 1er janvier 2016, 46 départements étaient en zones réglementées (ZR) et une partie des communes se trouvait en ZR pour douze autres départements (5, 9, 11, 25, 31, 47, 51, 52, 70, 73, 74, 95) (arrêté 10/12/2015 NOR AGRG1530788A – Annexe 1). En date du 26 février 2016, du fait de la mise en évidence de nouveaux cas dans les départements de la Vienne, de la Gironde, de l'Indre et de la Charente-Maritime, de nouvelles ZR ont été définies (arrêté 26/02/2016 NOR AGRG1605989A) (Annexe 1). Le zonage a progressivement évolué couvrant aujourd’hui la quasi-totalité du territoire continental (Annexe 1). En date du 11 septembre 2017, seul le Finistère et une partie des Côte d'Armor étaient des zones indemnes.
 

Bilan des foyers

Au total, 1 456 foyers ont été détectés en 2016, dont 81 pour lesquels l'espèce et/ou la modalité de surveillance n'ont pas pu être déterminées a posteriori. En 2017, 942 foyers avaient été détectés au 11 septembre 2017, dont 53 pour lesquels l'espèce et la modalité de surveillance n'ont pas pu être déterminées a posteriori (Tableau 1) (Figures 1, 2 & 3). Tous les foyers ont été détectés par analyse sérologique et/ou RT-PCR.


Figure 1. Distribution mensuelle du nombre de foyers détectés (toutes modalités de surveillance confondues) et du taux de confirmation des suspicions (nombre de foyers détectés par la surveillance évènementielle / nombre de suspicions cliniques confirmées et infirmées, en %)



Figure 2. Distribution mensuelle des suspicions cliniques infirmées et confirmées et du taux de confirmation des suspicions (en %) entre le 1er janvier 2016 et le 11 septembre 2017 (une partie des foyers cliniques a été détectée suite à des avortements)



On constate que le taux de confirmation des suspicions augmente lorsque le nombre de foyers détectés par les autres dispositifs augmente (Figure 1). Des tests de corrélation de rang de Spearman ont été conduits afin d’estimer sur une base mensuelle le lien entre le nombre de foyers détectés par mois par les différentes modalités de surveillance et le taux de confirmation des suspicions. Une forte corrélation a été identifiée entre le nombre total de foyers et le nombre de foyers cliniques (P<0,01 ; r=0,80), le nombre de foyers cliniques et le taux de confirmation des suspicions (P<0,01 ; r=0,96) et le nombre total de foyers et le taux de confirmation des suspicions (P<0,01 ; r=0,75) (Figures 1 & 2). Ces résultats sont à prendre avec précaution car certains foyers cliniques ont été détectés (résultats positifs) suite à des avortements en Saône et Loire. Malgré les résultats positifs, l’avortement sans autre signe clinique n’est pas considéré comme signe d’appel de la FCO. Il y a donc un biais de sélection pour les foyers cliniques détectés en Saône et Loire. Le taux élevé de confirmation des suspicions chez les bovins en Saône et Loire est donc à considérer avec précaution.

Figure 3. Localisation des foyers détectés par les différentes modalités de surveillance en 2016



Figure 4. Localisation des foyers détectés par les différentes modalités de surveillance en 2017 (au 11 septembre 2017)