Situation épidémiologique IAHP en Europe depuis octobre 2016 : point de situation au 08/02/2017


Veille sanitaire internationale (VSI) Plateforme ESA – France
LNR influenza aviaire, Anses laboratoire de Ploufragan – France
Office national de la chasse et de la faune sauvage – France

Sources : Données actualisées au 05/02/2017 (inclus) ADNS/OIE/DGAL Ministère de l’Agriculture

Deux virus influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) – H5N5 et H5N8– circulent actuellement en Europe. L’outil ADNS n’a pas été adapté à la notification des nouveaux sous-types H5N8 et H5N5, conduisant les pays à notifier les foyers comme « H5Nx », avec possibilité d’ajouter en commentaire libre le sous-type, ce que font certains pays. En tenant compte de ces commentaires, les déclarations ADNS sont réparties ainsi : H5Nx (n=243), H5N5 (n=14), H5N8 (n=1129), et mixte H5N5/H5N8 (n=1). Les virus IAHP sont donc traités dans leur globalité dans cette note. L’analyse des données prend en compte les modifications parfois apportées aux alertes ADNS après la première déclaration, notamment la précision du sérotype pour certains foyers H5Nx (qui sont ensuite repris en foyers H5N5 ou H5N8).

Depuis le dernier point de situation le 23 janvier (il y a deux semaines), 304 nouveaux foyers d’IAHP ont été déclarés en Europe (Union européenne – UE - plus Suisse), principalement en Allemagne (17 foyers H5N8 en avifaune), en Roumanie (19 foyers H5N8 en avifaune) et en France (44 foyers H5N8 en élevage). Le nombre total de foyers et de cas d’IAHP notifiés continue d’augmenter et est à présent de 1387 (contre 1083 la semaine dernière) dont 704 au sein de l’avifaune sauvage (69 espèces différentes touchées), 654 en élevage et 29 au sein de l’avifaune captive (Tableaux 1 et 2).

Deux nouveaux pays sont touchés par le virus IAHP H5N8 : la Belgique avec un premier cas déclaré au sein de l’avifaune captive (détenteur non professionnel d’oiseaux d’ornement en Flandre), et le Portugal avec un premier cas dans l’avifaune sauvage (chez un héron cendré en Algarve). Par ailleurs, les élevages en Italie sont à présent touchés avec quatre foyers d’H5N8 déclarés, et un premier cas d’H5N8 au sein de l’avifaune captive a été déclaré en Roumanie (un cygne noir élevé dans un complexe touristique de Sancraiu).

Plusieurs pays ont déclaré la présence de virus de sous-type H5N5 dans l’avifaune (1 cas au Monténégro, 3 en Italie, 1 en Croatie, et, plus récemment depuis la dernière note du 23 janvier, 1 cas en Grèce, 2 en Pologne et 3 en Slovénie) et, également depuis la dernière note, dans les élevages avec trois premiers foyers  d’H5N5 en Allemagne. De plus, les Pays-Bas ont signalé un cas mixte d’infection H5N8/H5N5 dans l’avifaune sauvage en novembre 2016.

La carte interactive des foyers d’IAHP est disponible sur le site de la Plateforme ESA (lien).

La situation IAHP en France est détaillée dans la note du 26 janvier (lien).

Le virus HP H5N8 est aussi présent au-delà de l’Europe dans les pays suivants : Israël, Egypte, Tunisie, Iran, Fédération de Russie, Ukraine, Corée du Sud, Nigéria, Taipei chinois,  Ouganda, Inde, Chine et Koweït (source : OIE/FAO).

Tableau 1 : Suivi du nombre de foyers et de cas d’IAHP dans l’UE et en Suisse et nombre de pays atteints (entre parenthèses) déclarés du 26 octobre 2016 au 5 février 2017 inclus (sources : OIE/ADNS/DGAL)



Tableau 2 : Nombre de foyers et de cas d’IAHP domestiques, sauvages et captifs par pays et par sous-type dans l’UE et en Suisse du 26 octobre 2016 au 5 février 2017 inclus (sources : OIE/ADNS/DGAL).



La Figure 1 présente l’évolution du nombre de déclarations hebdomadaires de foyers et cas d’IAHP en Europe. Les données agrégées pour l’Europe (Suisse et Ukraine inclus), avec des situations par pays très différentes du point de vue surveillance et épidémiologie, fournissent des indications globales. A l'échelle macroscopique, il est intéressant de noter que les courbes « élevages » et « sauvages » présentent des évolutions similaires, globalement parallèles, et avec un décalage dans le temps de deux semaines, la courbe « sauvages » précédant la courbe « élevages ». On retrouve ce même décalage entre les compartiments élevage et sauvage dans la représentation en cumulé du nombre de nouveaux pays déclarant leur premier foyer/cas d’IAHP (Figure 2).

L’évolution de ces courbes serait cohérente avec une contamination des élevages par la faune sauvage et suggérerait une absence d’évolution propre de l’épizootie dans le compartiment élevage, de manière globale sur le continent européen (ce qui n’exclut pas des situations particulières où localement il pourrait y avoir une diffusion secondaire importante entre élevages). Toutefois, cette interprétation doit être prise avec précaution, les variations étant d’une part dépendantes de la pression de surveillance exercée dans les différentes populations, et d’autre part certainement différentes en fonction des pays (cas de la Hongrie et de la France qui ont déclaré un très grand nombre de cas en élevages mais peu dans l'avifaune et à l'inverse de l'Allemagne et de la Suisse ayant déclaré un grand nombre de cas dans l'avifaune et très peu voire aucun en élevage).



Figure 1 : Nombre de foyers et de cas d'IAHP en Europe (UE, Suisse et Ukraine) par semaine du 26 octobre 2016 au 5 février 2017 (inclus) (source: ADNS/OIE/DGAL)



Figure 2 : Nombre cumulé par semaine de pays ayant déclaré au moins un foyer/cas d’IAHP en Europe (UE, Suisse et Ukraine) du 26 octobre 2016 au 5 février 2017 (inclus) (source: ADNS/OIE/DGAL)

La mortalité rapportée en élevage est variable en fonction des espèces, mais également au sein d’une même espèce, et n’est disponible que pour un nombre limité de foyers. Pour les élevages mono-spécifiques, cette mortalité varie de 0,06 à 33% pour l’espèce Gallus gallus, autour de 20% dans les élevages de dindes (mais avec un taux de mortalité de 100% rapporté dans un foyer en France), et de 0 à 70% chez les palmipèdes. Malgré toute la prudence qu’il faut avoir dans l’interprétation (moment d’intervention par rapport à l’infection, élevages en lien épidémiologique qui pouvaient être en tout début d’infection, etc.), il est à noter que cette souche apparaît avoir une virulence inhabituelle chez les palmipèdes d’élevage.

Les 69 différentes espèces d’oiseaux atteintes dans l’avifaune en Europe avec leurs familles respectives sont :
  • Accipitridés : Autour des palombes, Aigle spp., Buse de Harris, Buse pattue, Buse variable, Épervier d'Europe, Pygargue à queue blanche
  • Anatidés : Bernache à cou roux, Bernache cravant, Bernache du Canada, Bernache nonnette, Canard chipeau, Canard colvert, Canard musqué, Canard pilet, Canard siffleur, Cygne chanteur, Cygne noir, Cygne tuberculé, Eider à duvet, Fuligule milouin, Fuligule milouinan, Fuligule morillon, Garrot à œil d'or, Harle bièvre, Macreuse noire, Nette rousse, Oie à bec court, Oie cendrée, Oie cygnoïde Oie des moissons, Oie naine, Oie rieuse, Sarcelle d'hiver, Tadorne de Belon
  • Ardéidés : Héron cendré, Héron garde-bœuf, Grande aigrette,
  • Ciconiidés : Cigogne blanche
  • Colombidés : Tourterelle turque
  • Corvidés : Corneille mantelée, Corneille noire, Grand corbeau, Pie bavarde
  • Dromaiidés : Emeu
  • Falconidés : Faucon crécerelle, Faucon pèlerin
  • Laridés : Goéland argenté, Goéland brun, Goéland cendré, Goéland leucophée, Goéland marin, Mouette rieuse
  • Pelecanidés : Pélican blanc
  • Phalacrocoracidés :  Cormoran pygmée, Grand cormoran,
  • Podicipédidés : Grèbe castagneux, Grèbe huppé
  • Psittacidés : Perroquet jaco
  • Rallidés : Foulque à crête, Foulque macroule, Gallinule poule d'eau
  • Scolopacidés : Chevalier cul-blanc, Courlis spp.
  • Strigidés : Hibou grand-duc, Chouette de l’Oural
  • Turdidés : Merle noir, Grive musicienne


Figure 3 : Carte des foyers et de cas d’IAHP H5N8 déclarés dans l’UE et en Suisse entre le 26 octobre 2016 et le 5 février 2017 inclus (sources : OIE/ADNS/DGAL).